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Parking Cockerill : la plateforme formule quatre demandes

Communiqué de presse, mercredi 30 septembre 2015

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La plateforme Place Cockerill — réunissant l’asbl urbAgora, le Gracq-Liège et l’association des commerçants du Quai-sur-Meuse et de la place Cockerill ainsi que des habitants et usagers du site — s’est réunie ce mardi 29 septembre et fait le point sur la situation, à la suite du retrait de la demande de permis relatif au projet de parking souterrain sous la place.

Nous nous réjouissons de cet acte de procédure, qui constitue une première victoire pour notre plateforme. Nous n’y voyons cependant pas encore un abandon du projet de parking. Le bourgmestre a d’ailleurs très clairement réitéré, ce lundi soir au Conseil communal, son intention de faire aboutir celui-ci. La plateforme reste donc mobilisée et va envisager d’autres actions dans les mois à venir.

À ce stade du dossier, la plateforme Place Cockerill formule quatre demandes, qui nous semblent raisonnables et susceptibles de faire évoluer le dossier positivement. Nous espérons les voir relayer par tous les groupes politiques au Conseil communal.

1. Nous demandons que la Ville de Liège défende une politique de mobilité intégrée plutôt qu’une approche au cas par cas. En particulier, il nous semble inacceptable d’envisager la construction de nouveaux parkings dans le centre-ville avant la mise en service des « parkings relais » (P+R) prévus dans le cadre du tram (sans parler de ceux qui accompagneront sans doute le REL). Ces parkings devraient en effet — s’ils remplissent correctement leur office — contribuer significativement à alléger la pression automobile sur le centre-ville.

2. Nous demandons qu’aucun projet de parking ne soit proposé par la Ville sans la publication d’une étude digne de ce nom sur l’offre et la demande de stationnement à Liège. Nous constatons en effet que les parkings en ouvrage proches de la place Cockerill sont loin d’être saturés. Et les hypothèses sur le report d’un stationnement en voirie vers du parking en ouvrage (notoirement plus cher) relèvent plus à ce jour du café du commerce que d’une modélisation crédible. Nous avons constaté l’absence d’une telle étude, notamment lors des quelques moments de concertation qui ont eu lieu autour du dossier. Nous ne souhaitons voir un dossier aussi lourd avancer sur bases de simples suppositions ou conjectures mal étayées.

3. Nous demandons qu’aucun projet ne soit relancé sans qu’une réelle concertation l’accompagne de bout en bout. L’échec du premier projet Galiliège, c’est aussi l’échec d’une méthode selon laquelle l’autorité publique et le secteur privé pensent pouvoir aménager la ville (et même l’espace public) sans les habitants et usagers, voire contre eux. Dans cette perspective, nous demandons la mise en place d’un comité d’accompagnement associant notamment riverains et associations. Nous demandons aussi qu’une procédure en deux temps soit mise en place. Dans un premier temps, un concours d’idées, ouvert au grand public, devrait permettre de faire émerger, pour la place, une programmation adaptée aux attentes de ses riverais et usagers (là où l’espace public a été traité jusqu’à présent comme une simple utilité du projet de parking) et tenant compte de toutes les potentialités du site. La proposition formulée par le recteur de l’université d’étendre la faculté de philosophie et lettres vers l’ancienne Grand-Poste constitue, par exemple, un élément positif de très grande importance, qui enthousiasme les membres de la plateforme Place Cockerill et qui, s’il pouvait se réaliser, devrait être pris en compte dans l’aménagement de l’espace public. Dans un second temps, un concours d’architecture (avec publication des propositions) devrait permettre de formaliser cette programmation, avec une exigence qualitative beaucoup plus élevée que ce que permet une simple adjudication. Dans cette perspective, nous venons de reprendre contact avec l’échevin de l’urbanisme de la Ville de Liège, dans le but d’ouvrir un dialogue.

4. Nous demandons enfin, en attendant un aménagement définitif des trois places qui entourent l’université qui soit à la hauteur des attentes des habitants, nous demandons qu’un aménagement temporaire léger de l’espace public soit envisagé.

Pour faire le point sur toutes ces questions, rendre compte de l’action menée par la plateforme jusqu’à présent, faire état des réactions que nous aurons éventuellement obtenues de la part des autorités communales à nos demandes et envisager la suite du mouvement, nous organiserons une réunion publique, à laquelle nous inviterons notamment tous les réclamants à l’enquête publique, le jeudi 12 novembre à 19h, dans un lieu à fixer.




Parking à Liège : la saturation est imaginaire

À en croire le Collège communal de Liège, la demande de stationnement au centre-ville est telle que la construction de nouveaux parkings s’y impose. Telle n’a jamais été notre impression. Mais nous avons voulu en avoir le coeur net et disposer de données factuelles. Faute d’une étude sur l’offre de stationnement à Liège — dont l’absence est notamment apparue lors des séances de concertation au mois de juin et de juillet —, nous avons procédé, pendant une semaine, à un comptage systématique des emplacements disponibles dans les quatre principaux parkings qui entourent la place Cockerill.

Ces comptages ont été effectués pendant l’après-midi, entre 14h et 16h, soit pendant l’heure de plus grande affluence sur la journée. Le dimanche, le comptage a été effectué à 12h30, c’est-à-dire au moment du pic de fréquentation de la Batte.

Voici le résultat de ces comptages (nombre de places vides) :

 Jour  Date  Heure  Cité  St-Denis  Magnette  Cathédrale  Total
 Mardi  29/09/15  15h  85  224  43  101  453
 Mercredi  30/09/15  15h  84  221  45  173  523
 Jeudi  01/10/15  14h20  69  145  33  130  377
 Vendredi  02/10/15  15h15  77  215  89  99  480
 Samedi  03/10/15  16h  33  183  88  0  304
 Dimanche  04/10/15  12h30  104  457  215  300 1076
 Lundi  05/10/15  14h30  81  240  52  145  518
 Mardi  06/10/15  16h50  123  347  81  270  821

Nous constatons donc qu’il reste en permanence au moins 300 places libres dans les parkings en ouvrage situés à proximité immédiate de la place Cockerill (et souvent beaucoup plus) alors que la période est l’une des plus chargées de l’année (notamment en raison de la foire d’octobre, qui implique la fermeture de nombreuses places de parking Boulevard d’Avroy). L’ajout d’autres parkings dans le comptage (que nous invitons les journalistes à refaire par eux-mêmes) aurait augmenté significativement ce chiffre.

Notons que, même ce samedi 3 octobre, alors que, en raison de la « Nocturne des coteaux », le stationnement était interdit dans les rues Hors-Château et Feronstrée ainsi que toutes leurs perpendiculaires jusque à l’esplanade Saint-Léonard (soit une diminution de l’offre de 241 places) et alors que l’inauguration de la Foire d’octobre avait lieu au même moment, seul le parking Cathédrale affichait complet.

Bref, s’il existe des raisons de construire un parking sous la place Cockerill, elles n’ont rien à voir avec un problème — dont nous montrons ici qu’il est clairement imaginaire — de saturation de l’offre de stationnement existante dans le centre-ville.

Des mesures visant à mieux informer, en temps réel (via panneaux électroniques aux principales entrées de la ville, application pour smartphone, etc), les utilisateurs du centre-ville sur les places disponibles seraient par contre très utiles. On s’étonne d’ailleurs que le Collège n’ait pas mis la réalisation d’un tel système intégré (qui fonctionne dans la plupart des grandes villes européennes) plus haut dans la liste de ses priorités que la réalisation de nouveaux parkings.